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Mettre des limites intérieures à la souffrance

Interview de Jacques Osanati, auteur  du Fou de l'Antarctique.
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Finalement, Jacques Osanati, on a l’impression qu’il manque quelque chose à Alph ?
– Oui, tout à fait. Ill ne sait pas mettre de limite.  Il ne définit pas ce qu’il peut vivre et ce qu’il ne peut pas vivre.

Mais enfin, sur son iceberg, il n’a guère le choix !
– En apparence ! Mais déjà, c’est lui qui a décidé de venir sur son iceberg. Ensuite, pourquoi est-ce que ça doit tourner à la catastrophe ou à la leçon ? Parce que ce sont ses croyances et son modèle du monde. Un truc judéo-chrétien modernisé, qui le pousse à souffrir, à devoir éprouver dans sa chair, etc.
C’est-à-dire ?
– Eh bien, il lui arrive certaines choses, par ailleurs assez invraisemblables sur un iceberg, mais il pourrait lui arriver des tas d’autres choses. Voire même, rien.
il n’y aurait plus d’histoire !
– Oui, bien sûr, mais en choisissant un personnage à peine différent, on pourrait imaginer une autre histoire. Le point commun entre tous les éventuels personnages et entre la plupart d’entre nous est le fait de ne pas fixer de limite.
En clair, ça donne quoi ?
– Eh bien, quoi que vous viviez, vous avez le pouvoir de dire stop. On peut admettre (bien que ça soit discutable) qu’on vive ce qu’on a besoin de vivre…
Oui, je vois, les épreuves judéo-chrétiennes ou l’obstacle qui fait grandir du New Age.
– C’est à peu près ça. Je ne suis pas d’accord avec cette vision doloriste et « cause à effet » des choses, mais c’est un autre débat. Ici, ce que je voudrais pointer, c’est qu’on a toujours le choix. On peut accepter certaines épreuves mais dire stop. Ne pas franchir une certaine limite.
Ce n’est pas du chantage ? Du genre dire à son conjoint, je ne suis pas jaloux mais si tu me trompes je te tue ?
– Non, c’est très différent. Il suffit juste d’apprendre à dire : si tu me trompes, je ne sais pas ce que je ferai, mais je ne l’accepterai pas.
C’est une menace !
– Non, une limite à ne pas franchir. Et en même temps un aveu de faiblesse : je ne sais pas ce que je ferai.
Et alors ?
– Et bien, pour moi, et mon expérience me le confirme, c’est essentiel. Nous sommes humains, que diable (si vous me pardonnez ce clin d’œil). Nous voulons bien être les dindons de la farce, peut-être même avoir des récompenses, mais il y a des choses que nous ne pouvons accepter. Au lieu de voir ça comme une limite dans le sens négatif, voyons-le en positif. Du genre, « bon d’accord, je suis faible, mais je n’accepte pas de me faire tabasser par un gros lourdaud ».
Hum…
– Ça ne m’apprendra rien, de toute façon. Ça me rendra juste un peu plus aigri. Quelle que soit ma difficulté, voire mon handicap, j’ai le droit de fixer un point que je ne transgresserai pas.
Par exemple ?
– Si vous avez une sciatique paralysante, vous pouvez déclarer (intérieurement) : « bon, d’accord, je ne comprends pas bien ce qui m’arrive, mais ça, c’est trop. Je demande que ça reste en filigrane, et si vraiment je ne comprends pas, de recevoir d’autres signes ou d’autres messages moins invalidants ou pénibles ». Ce n'est ni un refus ni une demande, plutôt une négociation.
Et ça marche ?
– Oui, bien sûr !
C'est pas New Age, ça ?
– Non, car il ne s'agit pas d'une demande, d'un avantage personnel qui « tordrait » l'univers.
Qui tordrait l'univers ?
– Oui, quand on demande avec force quelque chose, on influe sur une infinité de simultanéïtés dont on n'a même pas idée. Pour son bien… ou pour son mal. Par exemple, vous obtenez la place de parking que vous avez demandée mais vous recevez un piano sur la tête !
Ah… Je vois…



– C'est dangereux de demander car on ne sait jamais si ce qu'on aura sera bon pour soi. Et c'est inutile de demander, cela ne fait que trahir un profond manque de confiance. Par contre, on peut négocier. C'est ce qu'oublie de faire Alph.
Mais à qui s’adresse-t-on ?
– À soi, à son inconscient, à un guide, à Dieu, qu’importe !
C’est aussi simple que ça ?
– Oui, et c’est ce qu’il manque à Alph. Il est comme nous tous. Il oublie de fixer des limites qu’il ne dépassera pas. Du coup, à son histoire, il n’y a pas de fin.
Ah, je comprends mieux la fin, justement !
– Eh oui. Sans limite, il n’y a pas de fin, comme aurait dit Lapalisse.
Vous n’avez rien à ajouter ?
– Non, c’est ma limite dans l’explication !

Ah ! Ah ! Ah !

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