| Anesthésie locale L’anesthésie locale est la sédation ou insensibilisation temporaire d’une ou de plusieurs dents. Hist. De tout temps, la gestion de la douleur a été le principal problème du dentiste. Dans l’Antiquité déjà, on utilise des recettes destinées sinon à obtenir une anesthésie véritable, du moins à abrutir suffisamment le patient pour produire une sédation. La « pierre de Memphis », concassée dans du vinaigre, dégageait du gaz destiné à stupéfier le patient. Des plantes telles que la mandragore ou l’opium étaient connues pour leur effet analgésique et sédatif. Au XIIIe siècle avant J.-C., les Grecs emploient des élixirs soporifiques, confectionnés dans le plus grand secret par sorciers et médecins qui mélangent savamment jusquiame, belladone, suc de pavot, ciguë, mûre, hyosciamine, chanvre indien et mandragore que les Romains utiliseront sous forme de vin. Mais surtout on enivrait l’opéré avec du vin ou de l’esprit-de-vin mélangé à diverses drogues. Au Moyen Âge, les arracheurs de dents ont largement recours à cette « méthode anesthésiante ». Plus original, Mourget en 1797, canut (ouvrier en soierie) à Lyon qui s’improvise arracheur de dent, a l’idée d’installer un petit théâtre de marionnettes pour distraire ses patients de leurs souffrances. Et il a ainsi inventé Guignol ! Mourget met cette réplique dans la bouche de Gnaffron qui conseille à Guignol de se faire dentiste : « Tu as tout ce qu’il faut pour être dentiste. Il faut un toupet d’aplomb et être un bon menteur ». Nul doute qu’il fallait une bonne dose d’aplomb et de mensonge pour parvenir à mener à bien une extraction sans anesthésie. C’est surtout au stoïcisme du patient que l’arracheur devait de pouvoir opérer. Dans sa hâte d’en terminer, il fracturait souvent l’os par une mobilisation trop hâtive. |
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